LA MIRACULÉE
Je suis arrivée au Centre de la Croix Blanche (organisme communautaire en santé mentale) en août 2007 avec 25 années parsemées de dépressions et de troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Je n’ai pas vécu ma vie, j’ai survécu. J’ai passé mon temps à me chercher, à aller de médecin en médecin, de médicament en médicament, de thérapie en thérapie, en espérant y trouver la paix et le bonheur. Toutefois en cachant mon état de santé à mes amis, collègues et ma propre famille. Pour eux c’était un monde à part, un monde de fous (surtout pour le TOC).
En mars 2005, j’ai fait une tentative de suicide parce que la souffrance était tellement insupportable que le seul moyen de faire taire en moi ce qui m’envahissait était de mettre fin à cette torture psychologique. Suite à cette tentative de suicide, tout mon monde a vite compris ma détresse face à la vie. À partir de ce moment là, j’ai décidé de dire tout haut ce que j’avais étouffé tout bas pendant 25 ans.
Cet événement et ma venue au Centre de la Croix Blanche ont été pour moi un tournant marquant dans ma réhabilitation. Le centre était le seul endroit où j’étais vraiment moi-même, intègre et authentique.
J’ajouterais que l’atmosphère qui régnait dans les ateliers était signe de complicité et de solidarité. Le fait de côtoyer d’autres souffrants des problèmes de santé mentale m’a permise de constater que je n’étais pas seule à vivre des choses difficiles.
Aujourd’hui j’ai rejoint le groupe Reprendre Pouvoir où je peux échanger avec les autres en toute confidentialité mes pensées, mes émotions et mes inquiétudes. Mais surtout travailler à déstigmatiser la santé mentale.
Maintenant je suis l’acteur principal de ma vie. Avant, je regardais le train passé, maintenant, j’embarque.
dimanche 16 décembre 2012
Bonjour à vous tous,
Mon nom est Patrick. Ce texte d’opinion, comme il s’agit du thème de ce débat, traite de la stigmatisation en santé mentale.
Selon moi, la perception ‘sociétaire’ à l’égard des gens atteints de maladies mentales, le plus souvent ‘marginalisante’ et négative, est une triste réalité d’aujourd’hui. Mais ces préjugés, et c’est encore plus malheureux, sont aussi la réalité d’une grande majorité de gens atteints de tous troubles de ‘santé’, des gens de ‘couleurs’, des pratiquants de différentes religions, pour ne nommer que ceux-là.
Aussi, avec les années, je me suis aperçu, en ce qui concerne particulièrement la stigmatisation des gens souffrants de maladies mentales, que la base du problème est que plusieurs des ces derniers se stigmatisent aussi eux-mêmes. Comme si ils en arrivaient à croire, pour le pire, le message négatif et les préjugés à leur endroit venant de l’extérieur. Dans ce contexte, comment espérer que ces personnes puissent se rétablir, reprendre une vie dite normale?
Je crois que la première étape du rétablissement pour ces gens atteints de maladies mentales est qu’ils se donnent la main avant d’espérer que cet appui vienne de l’extérieur. Qu’il soit en quelque sorte ‘solidaire’ dans leurs buts visés de se rétablir leur permettra de retrouver le meilleur d’eux-mêmes pour affronter tous ces préjugés de l’extérieur.
C’est en s’aidant par une écoute sincère des problèmes que peuvent vivrent leurs pairs, une certaine compréhension et beaucoup de partage que ceux-ci deviendront, selon moi, de meilleures personnes.
Merci de m’avoir lu,
Patrick
Mon nom est Patrick. Ce texte d’opinion, comme il s’agit du thème de ce débat, traite de la stigmatisation en santé mentale.
Selon moi, la perception ‘sociétaire’ à l’égard des gens atteints de maladies mentales, le plus souvent ‘marginalisante’ et négative, est une triste réalité d’aujourd’hui. Mais ces préjugés, et c’est encore plus malheureux, sont aussi la réalité d’une grande majorité de gens atteints de tous troubles de ‘santé’, des gens de ‘couleurs’, des pratiquants de différentes religions, pour ne nommer que ceux-là.
Aussi, avec les années, je me suis aperçu, en ce qui concerne particulièrement la stigmatisation des gens souffrants de maladies mentales, que la base du problème est que plusieurs des ces derniers se stigmatisent aussi eux-mêmes. Comme si ils en arrivaient à croire, pour le pire, le message négatif et les préjugés à leur endroit venant de l’extérieur. Dans ce contexte, comment espérer que ces personnes puissent se rétablir, reprendre une vie dite normale?
Je crois que la première étape du rétablissement pour ces gens atteints de maladies mentales est qu’ils se donnent la main avant d’espérer que cet appui vienne de l’extérieur. Qu’il soit en quelque sorte ‘solidaire’ dans leurs buts visés de se rétablir leur permettra de retrouver le meilleur d’eux-mêmes pour affronter tous ces préjugés de l’extérieur.
C’est en s’aidant par une écoute sincère des problèmes que peuvent vivrent leurs pairs, une certaine compréhension et beaucoup de partage que ceux-ci deviendront, selon moi, de meilleures personnes.
Merci de m’avoir lu,
Patrick
Stigmate : Cicatrice, marque que laisse une plaie ou une maladie.
Je m’appelle Michel. Je suis suivi en psychiatrie depuis une trentaine d’années à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal.
Je n’ai pas eu à vivre trop de stigmatisation puisque, depuis ces 30 dernières années, je suis entouré de gens ayant des problèmes de santé mentale. Pour ce qui est de ma famille, cependant, le sujet reste plutôt tabou…
Mais ce qui, à mon avis, est pire que la stigmatisation est ‘l’auto-stigmatisation’. En effet, j’ai cru pendant longtemps qu’être atteint d’une maladie mentale signifiait que j’étais complètement fou ou même, pas intelligent. Selon moi, rarement le cerveau est malade chez les gens atteints de maladies mentales, c’est ‘l’âme’ qui est malade
Quant à ceux qui nous stigmatisent, je crois qu’il y a derrière tout ça beaucoup de peurs et d’ignorance de leur part. Peut-être qui si tant de personnes en société ont un ou des jugement(s) négatif(s) à notre endroit, c’est fort possiblement à cause de la médication que l’on ‘consomme’ quotidiennement et ses effets secondaires parfois perceptibles aux yeux de notre entourage.
Aussi, les médias ont cette caractéristique de souvent alimenter les préjugés, quels qu’ils soient, en montant en épingle des histoires de toutes sortes, ce qui n’aide pas notre cause…
Quoiqu’il en soit, on ne peut vivre en fonction de ce que les autres pensent de nous. Ça prend beaucoup de caractère pour ne pas se laisser ‘déformer’ par la conscience aliénante des autres.
J’aimerais terminer en vous disant que je suis une personne à part entière, et non un simple ‘diagnostique’ et, croyez-moi, l’on peut fonctionner dans la vie, comme tout autre, avec un problème de santé mentale!
Merci de votre lecture,
Michel
Je m’appelle Michel. Je suis suivi en psychiatrie depuis une trentaine d’années à l’Institut Philippe-Pinel de Montréal.
Je n’ai pas eu à vivre trop de stigmatisation puisque, depuis ces 30 dernières années, je suis entouré de gens ayant des problèmes de santé mentale. Pour ce qui est de ma famille, cependant, le sujet reste plutôt tabou…
Mais ce qui, à mon avis, est pire que la stigmatisation est ‘l’auto-stigmatisation’. En effet, j’ai cru pendant longtemps qu’être atteint d’une maladie mentale signifiait que j’étais complètement fou ou même, pas intelligent. Selon moi, rarement le cerveau est malade chez les gens atteints de maladies mentales, c’est ‘l’âme’ qui est malade
Quant à ceux qui nous stigmatisent, je crois qu’il y a derrière tout ça beaucoup de peurs et d’ignorance de leur part. Peut-être qui si tant de personnes en société ont un ou des jugement(s) négatif(s) à notre endroit, c’est fort possiblement à cause de la médication que l’on ‘consomme’ quotidiennement et ses effets secondaires parfois perceptibles aux yeux de notre entourage.
Aussi, les médias ont cette caractéristique de souvent alimenter les préjugés, quels qu’ils soient, en montant en épingle des histoires de toutes sortes, ce qui n’aide pas notre cause…
Quoiqu’il en soit, on ne peut vivre en fonction de ce que les autres pensent de nous. Ça prend beaucoup de caractère pour ne pas se laisser ‘déformer’ par la conscience aliénante des autres.
J’aimerais terminer en vous disant que je suis une personne à part entière, et non un simple ‘diagnostique’ et, croyez-moi, l’on peut fonctionner dans la vie, comme tout autre, avec un problème de santé mentale!
Merci de votre lecture,
Michel
Bonjour à vous,
Nous les gens atteints de problèmes de santé mentale avons souvent une difficulté de communication et ce n’est peut-être, dans le fond, que cela la maladie mentale.
La sexualité est une forme de communication. Nous sommes donc en présence d’un paradoxe. Avec l’équilibre mental vient la santé sexuelle qui peut-être comprise comme avec le moins de dépendance sexuelle. Bref, il n’est pas idéal de chercher son bonheur uniquement par sa sexualité et ce n’est certainement pas qu’à travers sa sexualité que l’on doit se permettre de ‘ressentir’, de vivre des sentiments à l’égard de l’autre.
La sexualité c’est la rencontre de deux être dans le respect et la dignité. Entre adultes consentants, tous les jeux et comportements sexuels sont permis. Libre à l’expression de nos fantaisies.
Il est certain que la médication peut affecter notre libido; il faut alors consulter un sexologue ou autres professionnels.
Mais la sexualité n’est pas que génitalité. Il faut aussi la voir, la vivre, comme une activité positive pour reconstruire son SOI. Par notre maladie mentale le SOI est démoli, et c’est l’amour qui guérit. La sexualité est plus que l’exploration de son corps et du corps de l’autre. La sexualité est aussi CONFIANCE.
La sexualité c’est aussi l’intimité, non pas seulement physique, mais aussi psychologique.
Et comme vous l’avez sans doute remarqué, les meilleurs orgasmes on les atteints quand l’on est en amour avec l’autre.
Merci de m’avoir lu,
Michel Blais
Nous les gens atteints de problèmes de santé mentale avons souvent une difficulté de communication et ce n’est peut-être, dans le fond, que cela la maladie mentale.
La sexualité est une forme de communication. Nous sommes donc en présence d’un paradoxe. Avec l’équilibre mental vient la santé sexuelle qui peut-être comprise comme avec le moins de dépendance sexuelle. Bref, il n’est pas idéal de chercher son bonheur uniquement par sa sexualité et ce n’est certainement pas qu’à travers sa sexualité que l’on doit se permettre de ‘ressentir’, de vivre des sentiments à l’égard de l’autre.
La sexualité c’est la rencontre de deux être dans le respect et la dignité. Entre adultes consentants, tous les jeux et comportements sexuels sont permis. Libre à l’expression de nos fantaisies.
Il est certain que la médication peut affecter notre libido; il faut alors consulter un sexologue ou autres professionnels.
Mais la sexualité n’est pas que génitalité. Il faut aussi la voir, la vivre, comme une activité positive pour reconstruire son SOI. Par notre maladie mentale le SOI est démoli, et c’est l’amour qui guérit. La sexualité est plus que l’exploration de son corps et du corps de l’autre. La sexualité est aussi CONFIANCE.
La sexualité c’est aussi l’intimité, non pas seulement physique, mais aussi psychologique.
Et comme vous l’avez sans doute remarqué, les meilleurs orgasmes on les atteints quand l’on est en amour avec l’autre.
Merci de m’avoir lu,
Michel Blais
Bonjour à vous,
L’agressivité, selon moi, peut être créatrice. Elle est utile dans la pratique de sports quand elle est sublimée. Il ne faudrait donc pas trop la stigmatiser.
J’étais très agressif dans le passé. Une agressivité tournée vers les gens. Cependant, je peux aujourd’hui admettre que cette agressivité que j’avais bien en moi a été détruite, cassée, au fil de mon long séjour à l’Institut Philippe-Pinel. Je crois qu’il est normal d’être agressif quand l’on est enfermé, mais la psychiatrie ne semble pas comprendre cette réalité, probablement parce que ces médecins n’ont jamais eu à la vivre vraiment…
Freud disait qu’en cas de danger, l’on fuit si la fuite est possible ou bien, l’on attaque. Comme la fuite m’était impossible enfermé en institution, j’attaquais.
Dans un autre ordre d’idée, par expérience, je sais que lorsqu’un homme est peiné, troublé, il a tendance à exprimer ses sentiments par l’agressivité, c’est plus masculin. Qu’en pensez-vous?
Merci de m’avoir lu,
Michel
L’agressivité, selon moi, peut être créatrice. Elle est utile dans la pratique de sports quand elle est sublimée. Il ne faudrait donc pas trop la stigmatiser.
J’étais très agressif dans le passé. Une agressivité tournée vers les gens. Cependant, je peux aujourd’hui admettre que cette agressivité que j’avais bien en moi a été détruite, cassée, au fil de mon long séjour à l’Institut Philippe-Pinel. Je crois qu’il est normal d’être agressif quand l’on est enfermé, mais la psychiatrie ne semble pas comprendre cette réalité, probablement parce que ces médecins n’ont jamais eu à la vivre vraiment…
Freud disait qu’en cas de danger, l’on fuit si la fuite est possible ou bien, l’on attaque. Comme la fuite m’était impossible enfermé en institution, j’attaquais.
Dans un autre ordre d’idée, par expérience, je sais que lorsqu’un homme est peiné, troublé, il a tendance à exprimer ses sentiments par l’agressivité, c’est plus masculin. Qu’en pensez-vous?
Merci de m’avoir lu,
Michel
Apprendre à s’Approcher sans agressivité en santé mentale
Un terme où la légende urbaine plane toujours entre violence
et santé mentale.
Bien sûr en période symptomatique accompagner d’une psychose
une agressivité peut se faire sentir, mais c’est davantage la peur de composer
avec la maladie qui peut rendre irritable. Avec de l’écoute et une attitude
d’ouverture permet un bon contact, car en situation crise il ne faut surtout
pas se mettre en mode de confrontation, car cet attitude peut créer des tensions
et de l’agressivité. La plupart des incidents-accidents en ce sens sont du par
une application des mesures de contrôle inadéquate ou par un manque d’éducation
en la matière des mesures de désamorçage et règlement de conflit. Il faut
éviter le pire en s’y prenant mieux pour s’approcher sans agressivité vers le
membre de la famille ou un usager qui est fébrile et imprévisible. Il faut
certainement tenir compte de la notion de danger pour la personne atteinte et
l’entourage. Mais, il faut apprendre à s’approcher sans agressivité en santé
mentale des soins et services en institution et en communauté.
Le mythe de l’utilisateur de service en santé mentale
agressif et violent
Les medias nous rendent pas la chose facile en donnant un
portrait de l’usager en santé mentale comme étant agressif et même pour ne pas
dire dangereux pour la société.
La déstigmatisation est plus pertinente en ce sens afin de
contrer ce tabou qui freine l’image de la maladie mentale dans sa globalité. Il
y eu des cas isolés qui ont eu comme effet d’associer santé mentale et
dangerosité. La réalité est tout-autre, 1% de la population atteinte de maladie
mentale est associé à la violence avec conséquence dramatique, alors que la
majorité de la population dite « normale » est responsable du portrait réel de
crime violent.
Bref, la violence et l’agressivité n’est pas une situation
représentative de la population qui fait face au stigma constant soit des
personnes en rétablissement. Le rapprochement est possible, il y faut être
patient car souvent la personne atteinte vit une certaine révolte surtout dans
les débuts de la maladie.
Chad G.C
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