Le Profil du dépendant à l’exercice physique (le bigorexique)
Il est dépendant d’un loisir sportif
qualifié de drogue positive pour certains, mais il peut-être dévastateur pour
d’autres. La seule mesure positive dans
l’exercice physique se trouve dans un certain équilibre. Le bigorexique devient
obséder par sa pratique sportive et son rituel le plonge dans un vide
existentiel . Bref, il vit un
déséquilibre physique et psychique important.
Donc, son assuétude prend forme à travers un cercle vicieux pouvant le
conduire vers un mal-être individuel et collectif. Sa problématique majeure est
sa piètre image de lui-même et son illusion de devenir l’image parfaite par la
forme physique.
Son but ultime est
d’avoir le corps idéal ou la capacité physique qui dépasse les standards soit
qui atteint une performence jamais égalée.
Les individus dépendants à l’exercice
physique font leurs pratiques non pour eux-même, mais pour être reconnu des
autres. Le fait d’être admirer par son
prochain, leurs procurent une énorme satisfaction. On peut dire qu’ils ont le
complexe d’Adonis comme le disent si bien les spécialistes en la matière. Le
dépendant à la forme physique s’impose comme étant un individualiste, car son
désir et son plaisir personnel sont avant tout à satisfaire comme le toxicomane
avec sa substance. Son plus grand
orgasme est d’être admirer. Bref, il est le nombril du monde et son image prend
toute la place et sa personnalité baigne dans un narcissisme grandissant.
Il est un dévot du culte du corps et son corps devient un culte en soi
et celui-ci est le véhicule identitaire qui le mène à un certain bien-être. Il
est bien sûr éphèmère, car la peur de viellir est son obsession perpétuelle et
il peut s’en alimenter à travers un courant social qui existe en ce sens. La bigorexie favorise une attention et une
concentration particulière et excessive sur l’univers corporel où la jeunesse
éternelle devient l’imaginaire personnel et social de la personne atteinte. La
vulnérabilité du corps du dépendant est prise en charge par une discipline de
la perfection où l’activité physique, l’alimentation saine, le dopage,
l’hygiène et les soins esthétiques sont devenus des rituels au culte du corps.
Pour le bigorexique, le corps est son identité profonde, car son image et son apparence
s’imposent comme un nouveau mode d’expression, de séduction, de performence,
bref de relation.
LES CARACTÉRISTIQUES DU DÉPENDANT
Pour
certains, le fait de passer d’une dépendance négative à une dépendance positive
est une bonne façon de faire pour réduire l’inconfort des individus au prise
avec une assuétude de consommation de substances psychoactive licite ou
illicite. Dans le langage thérapeutique, il est question d’un transfère de
dépendance. En ce sens , il y a des pours et des contres, mais un dépendant
reste un dépendant. Il faut s’entendre que les droguer du sport ne sont pas
tous des ex-droguers, des outremangeurs ou autres. Peu importe l’objet de
dépendance, c’est le comportement du sujet qui devient problématique soit par
une influence multifactorielle biopsychososiale. En principe, notre dépendant à
l’exercice physique adopte une attitude toxicomaniaque avec son activité au
même type que le toxicomane avec sa substance. Donc, on peut caractériser la
bigorexie comme dépendance négative, car il existe un déséquilibre dans le
comportement de ce type de dépendant. Maintenant, prenons connaissance de sa
personnalité, de son rituel, de son assuétude et surtout de sa souffrance.
Comme dans
toutes les formes de dépendances, le dépendant à l’exercice physique possède
une personnalité faible, c’est à dire qu’il a régressé au stade
oral-narcissique. Il croit à son immortalité et à sa toute puissance. Il y a
chez lui, une forte incidence de pensée magique. Il retourne son agressivité
contre lui-même, plutôt que sur les autres. Par l’exercice physique, il fuit
une souffrance psychologique intime, son angoisse face à la vie. Il est
facilement charmé par le court terme ; il n’est généralement pas capable
de différer la réalisation de ses désirs. Plus le besoin est grand, plus
l’urgence de la satisfaction se fait sentir. Il recherche un soulagement rapide
de la tension par l’exercice physique à outrance.
PERSONNALITÉ TYPIQUE DU DÉPENDANT
·
Il possède une identification difficile suite
à des expériences difficiles ou traumatisantes.
·
Il
cherche à fuir l’environnement.
·
Il
démontre un rejet passif du système des valeurs.
·
C’est
une personne angoisée-frustrée.
·
Les
références morales ne sont pas très fortes chez-lui.
·
Il est
gouverné par l’occasion et le caprice.
·
Il est
dominé par l’insécurité.
·
Il
possède un moi faible et inconscient.
·
On dit
qu’il a des traits de personnalité ¨ border line ¨.
·
Il est
agressif. (Agressivité retournée contre lui-même )
·
Il est
incapable de supporter les difficultés.
·
Il se
distingue par son mode de passage du désir au plaisir.
·
Il est
passif et dépressif.
Alors,
voilà le profil du dépendant dans son ensemble avec les principales caractéristiques
de son vide intérieur soit sa souffrance
existentielle.
Donc,
c’est dans le but d’éviter la souffrance qu’il s’enfonce de plus en plus dans
sa forme de dépendance pour tenter de combler son manque et son besoin de
soulagement. C’est dans son rituel d’assuétude que le dépendant atteint une
certaine forme de transcendance qui est une illusion de libération. Par le fait
même, il se voit pris au piège et ne voit pas le jour de s’en sortir.
En fait, il est dans un confort connu qui le mène à se
détruire davantage. Bref, le dépendant à un besoin démeusuré de réactualiser
son objet de dépendance, car c’est son unique façon de composer avec la réalité
et dans ses rapports avec les autres. Son univers affectif est en carence et
c’est pourquoi il a de la difficulté d’entretenir des relations significatives.
1¨
Toute clinique de la dépendance est susceptible de se développer alors comme
une défense contre la dépendance affective perçue comme une menace pour
l’identité du sujet et une aliénation à ses objets d’attachement. C’est une
clinique où le sujet essaie de substituer à ses liens affectifs relationnels,
vécus comme d’autant plus menaçants qu’ils sont plus nécessaires, des liens de
maîtrise et d’emprise. Il s’agit d’introduire entre le sujet et ses possibles
attachements des objets substitutifs qu’il pense maîtriser, la nourriture dans
la boulimie, drogues,etc.¨ C’est la même chose pour l’exercice
physique.
Alors, le
dépendant est au prise avec un problème
grave de compulsion et sa dépendance revêt plusieurs formes, mais il fait face
toujours à la même problématique. Aujourd’hui il n’y a de limite au problème de
dépendance. La dépendance favorise une dépressivité chez les dépendants où elle
place l’individu en position de repli sur lui-même dans un narcissime où
l’obssession devient nocif pour son équilibre psychique et physique. Le dépendant
est dans une dépressivité et son comportement de dépendance provient d’un
manque d’idéal autre que lui-même et il vit un
amoindrissement de ses valeurs morales et spirituelles. C’est un malaise
qui est individuel et social et qui vise tous les aspects de l’être humain. La
personnalité du dépendant permet un climat de défaillance soit un malaise, une
faiblesse et un manque. Sa problématique le pousse dans un ralentissement vital
et sa dépression l’installe dans un doute généralisé . Sa recherche d’identité
se traduit par une crise de l’intériorité.
Pour
conclure, le bigorexique est dominé par l’aspect du paraître et laisse pour
contre l’être. Les impulsions de son égo sont survalorisées et ceci entraine
une obsession sur son image de soi. Il vit un refoulement de l’être dont sa
subjectivité au rapport libidinal éveille le narcissisme en lui. Son paraître
envahi l’ensemble des aspects de son être où sa dépendance le plonge dans un
univers superficiel grandissant qui est de survivre et non de vivre.
1-
« Dépendance et conduites de consommation » p. 50
RÉFÉRENCES
LIVRES
1- Erhenberg Alain, L’individu incertain,
Paris,Calmann-Lévy,1995.
2- Lipovetsky, Gilles, L’ère du vide, Paris,
Gallimard,1983
3- R.Padieu, F.Beaupré, M.Choquet, R. Molimard
et al. « Dépendance et conduites de consommation » Paris, 1997
4- Glasser Wiliam, « Les Drogues Positives »,
1997
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